AE 20080702
Bonjour,

Je vous ai maintes fois demandé de m'aider en envoyant aux pouvoirs exécutif et législatif une lettre exposant les spoliations que vous subissez en Tunisie depuis 54 ans. Ces responsables sont d'autant moins motivés à notre égard que J.CHIRAC les a persuadés qu'il avait apurer définitivement le contentieux immobilier franco-tunisien !
Il faut donc leur prouver le contraire en étayant mes lettres par les cas concrets de chacun de vos dossiers.
Selon la presse, la visite d'Etat du Président Sarkozy en Tunisie est à présent reportée à fin avril, donc après les municipales.
D'ici là nous devons harceler les responsables qui, sans complexe, m'ont déclaré tout ignorer de notre spoliation par ce pays exemplaire par son comportement à notre égard.
N'oubliez pas que "Bis repetita placent", c.à.d. qu'un clou ne s'enfonce pas avec un seul coup de marteau, surtout dans du bois dur. Nous ne gagnerons que par une action collective. Je compte sur vous.  Amitiés;

Voici mon dernier courrier au Président Sarkozy.
 


ASSOCIATION Nle POUR LA DEFENSE DES BIENS PATRIMONIAUX FRANÇAIS EN TUNISIE  (ADEPT)
110, Route de l’Etang  78750 MAREIL MARLY    Tel et Fax 01 39 58 69 24
Site Internet : www.adept-tunisie.com   Email asadept@adept-tunisie.com



Monsieur Nicolas SARKOSY
Président de la République
Palais de l’Elysée
55 faubourg Saint Honoré
75008  Paris

Monsieur le Président,

Vous avez déclaré vouloir mener toutes les réformes de front car aucun progrès n’est possible sur l’une d’elles sans un alignement des autres. Or, depuis dix mois, aucun des engagements pris à notre égard n’a été mis en œuvre parallèlement à d’autres réformes.

Pendant la guerre d’Algérie, embuscades, attaques surprises et routes minées étaient la hantise des unités opérationnelles, cependant qu’attentats et assassinats  terrorisaient les civils des agglomérations. Néanmoins la télévision publique française continue à traîner rapatriés et notre Armée d’Algérie dans la boue. Elle fait l’apologie du terrorisme FLN, anciens combattants, rapatriés et notamment  victimes civiles n'ayant aucun droit de contestation . C’est pourquoi nous nous sommes solidarisés avec notre Fédération (CLAN.R) et d’autres associations (JPN) par une lettre envoyée au Président de France Télévisions, avec copies à l’Elysée et à Matignon.

Les dernières présidentielles n’ont donc rien changé dans ce domaine.

Les anciens responsables des organismes gouvernementaux chargés des rapatriés sont toujours aux postes de commande qu’ils aient indûment décrété l’apurement définitif du contentieux immobilier franco tunisien, ou ne se soient jamais occupés de la Tunisie en nous avouant, sans complexe, tout ignorer des spoliations que nous continuons à y subir. Ils sont inamovibles.
Y a t il un pilote dans l’avion ? Qui donc s’occupe de nous si l’on permet un tel comportement à ces hauts fonctionnaires payés pour nous assister ?

La Commission du Conseil Economique et Social (CES) chargée de donner son avis au Premier ministre sur « les politiques financières conduites en faveur des français rapatriés » s’en est tenue au point de vue de ces responsables  ne connaissant rien à notre dossier. Elle a écarté les requêtes des rapatriés qui depuis 54 ans
subissent les séquelles de 8 accords appliqués par la France mais ignorés par la Tunisie, dont notamment l’accord sur les investissements du 20 octobre 1997.
D’aucuns se demandent si le CES n’aurait pas reçu la consigne de nous écouter sans pour autant nous entendre.

Votre visite d’Etat en Tunisie, sensée devoir régler notre contentieux, a été successivement annoncée pour fin décembre puis janvier, février, et à présent fin Avril….après les municipales.

Or, votre idée maîtresse est un projet d’Union de la Méditerranée. A cet effet, vous avez rendu visite ou contacté les responsables des pays méditerranéens, mais reporté sans cesse votre déplacement à Tunis.

On peut en déduire deux hypothèses :
- Soit que cette visite est différée avec l’accord de cet ami tunisien qui ne pose aucun problème. Le rapporteur de la 4e loi d’indemnisation de février 2005 avait scandaleusement, mais sans aucune objection de députés, cité la Tunisie en exemple pour les indemnisations qu’elle aurait servies à ses rapatriés !
Nos contestations sont demeurées lettres mortes.
- Soit qu’au contraire les négociations préalables achoppent sur un certain nombre d’obstacles. Pierre Mazeaud, ex-Président du Conseil Constitutionnel, fut dépêché à Tunis en novembre 2003, pour préparer la visite d’Etat du Président J. Chirac, de décembre 2003. A cette occasion, il m’honora d’un appel téléphonique au cours duquel il déclara que ses interlocuteurs tunisiens étaient « retors ».
N’en serait-il pas de même actuellement ?

A son retour de Tunis, J. CHIRAC décréta avoir définitivement réglé le contentieux immobilier par un Protocole d’Accord signé avec le Président BEN ALI. Mais ce traité est demeuré secret pour la bonne raison qu’il accouchait d’une souri puisque nous n’en avons jamais ressenti le moindre effet cependant que lois d’exception tunisiennes, racistes et xénophobes, subsistent ainsi qu’expropriations et spoliations arbitraires.

De toute façon, depuis votre élection, Affaires étrangères, Ambassade de France en Tunisie et organismes chargés des rapatriés continuent à nous frapper d'ostracisme en raison du sacro saint « apurement définitif du contentieux immobilier franco tunisien ».

Au cours de votre récente visite d’Etat en Algérie, vous avez déclaré que la colonisation était une injustice, sans rappeler l’état et la superficie de ce pays avant et après la présence française.

Le 05 décembre 2007, lors de la réception à l’Elysée des rapatriés, harkis et anciens combattants, vous avez de nouveau condamné la colonisation sans la replacer dans son contexte historique ni tenir compte des spoliations subies par ceux que la République avait abandonnés après les avoir incités à s’expatrier pour mettre ces pays en valeur par leur savoir faire, leur travail et leurs investissements.
Ne s’agit-il pas d’une véritable repentance ?

***

C’est pourquoi, nous nous posons la question de savoir dans quelle mesure nous serons les sacrifiés de l’Union de la Méditerranée après avoir cru aux déclarations réitérées de votre campagne électorale :

<< JE NE VOS TRAHIRAI PAS. JE NE VOUS DECEVRAI PAS. JE NE VOUS MENTIRAI PAS,>>

concernant vos trois engagements :

* Ne jamais sombrer dans la démagogie de la repentance.
* Régler définitivement la question des réparations.
* Construire l’amitié avec le Maghreb, et non pas négocier des concessions ou des renoncements autour d’un traité d’amitié.

Veuillez agréer, je vous prie Monsieur le Président, l’expression de ma haute et très respectueuse considération.
 


Mareil Marly le 07 février 2008
Gilbert ORRAND, Président de l’ADEPT