LA NATION FACE A SON HISTOIRE

13 MAI 1958 : "LES PORTEURS D'ESPERANCE FRANCAISE"



1958 - Dans toute l'Algérie ils sont des millions Français musulmans à rejoindre le mouvement né de la grande fraternité du 13 mai 1958. Ils portent leur espérance
dans l'idéal de la République française de Liberté-Egalité-Fraternité qui seul peut les affranchir de l'esclave du terrorisme. Aux côtés de l'armée française et des
Pieds-Noirs, 200.000 Harkis gagneront la guerre civile d'Algérie.

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L'EVOCATION DU 50e ANNIVERSAIRE DU 13 MAI 1958

Une leçon d'histoire, de pédagogie morale et politique sur les pratiques politiques de la Ve République nées du prétendu "tragique malentendu" entre De Gaulle et
l'Algérie française.

UNE GRANDE NATION PEUT-ELLE OUBLIER DES PERIODES ENTIERES DE SON HISTOIRE ?

Le 50e anniversaire des événements historiques du 13 mai 1958 doit-il rester dans l'oubli officiel dans lequel semble vouloir le maintenir l'Etat français, ou le Nation
française doit-elle s'en saisir pour mieux comprendre la France d'aujourd'hui ?
L'Histoire peut-elle s'écrire en pointillés ? Après l'oubli volontaire durant 50 ans de la "période coloniale", les historiens, les politiques, les journalistes, les Français en général peuvent-ils comprendre la situation actuelle de notre pays si les événements vécus par le peuple français sont entrecoupés de périodes d'amnésie sélectives qui leur empêchent de suivre le fil de leur véritable Histoire ? L'Histoire étant fille du temps, elle est en premier lieu chronologique et continue, puis comparative et analogique.

Les faits historiques incontestables doivent-ils être "adaptés" et "transformés" par de nouveaux "bâtisseurs" de mémoire pour satisfaire les bonnes relations de pouvoir et d'affaires entre les Etats au détriment de leurs administrés ? Les archives officielles, films et photographies d'époque, témoignages des acteurs sont-ils
malléables pour "construire" une histoire répondant aux mythes des histoires officielles entretenues par les dirigeants des Etats plus soucieux de se maintenir en
place que de vérité historique ?

LES TEMOINS DOIVENT-ILS RESTER SILENCIEUX ET LES VICTIMES SE TAIRE ?

Pour satisfaire les exigences de la "raison d'Etat" les témoins doivent-ils garder sur leur conscience leurs lourds secrets et les victimes, culpabilisées par le système,
restées silencieuses, accablées dans leur douleur ? Les Français d'Algérie de toutes origines spoliés de l'espérance d'une révolution fraternelle et pacifique éunissant
toutes les composantes de la population algérienne - sans attentats et sans morts - déjà spoliés de leur terre natale, de leurs cimetières, de leurs lieux de culte, de
leur travail et de leurs biens, doivent-ils aussi être spoliés de leur Mémoire et de leur Histoire qui est à l'origine du changement de régime qui a conduit à la création de la Ve République, dont 2008 marque le 50e anniversaire ?

L'EVOCATION DES JOURNEES HISTORIQUES DE MAI 1958 : UN BESOIN NATIONAL VITAL

L'évocation des journées du 13 mai 1958 est donc en premier lieu celle d'un événement historique concernant tous les Français puisqu'il est à l'origine de la Constitution française d'aujourd'hui. Les "événements" de Mai 1968 sont actuellement célébrés par tous les médias. Pourquoi cette célébration de la fin la période gaullienne qui entraînera le départ en 1969 du général De Gaulle, rejeté par le peuple français, et cet oubli du retour inattendu et triomphal 10 ans plus tôt du même général en mai 1958 ? Si mai 1968 traduisait une certaine désespérance d'une bourgeoisie en mal d'aventures, le 13 mai 1958 a exprimé la réelle espérance d'une France populaire, aussi bien en Algérie qu'en métropole, lassée par le jeu des politiciens de la IVe République. La consultation des archives audiovisuelles et de la presse de l'époque est révélatrice. Que cette révolution populaire, s'appuyant sur une réelle fraternisation des différentes communautés d'Algérie, ait été dévoyée par son principal bénéficiaire n'enlève rien aux motivations profondément honnêtes, saines, patriotiques et françaises de celles et ceux qui l'ont conduite. La bonne foi des citoyens vaut-elle moins que la duplicité de certains hommes politiques ?

LA REVOLUTION PACIFIQUE DU 13 MAI 1958 EST A L'ORIGINE DE NOTRE ACTUELLE REPUBLIQUE

La sincérité des Français d'Algérie de 1958 n'est-elle pas plus honorable, en terme d'espérance, de moral et de vie en société, que le cynisme criminel des quelques
dirigeants politiques qui, profitant de ce contexte d'espérance populaire, l'ont pervertie pour asseoir leur pouvoir personnel ? En redécouvrant cette période occultée de leur Histoire contemporaine, les Français d'aujourd'hui, vont pourvoir remonter aux maux qui minent la société française actuelle. Et, peut-être, découvrir les solutions permettant à notre pays de sortir d'une situation politique qui paraît aujourd'hui sans issue.

Le rappel historique du prétendu "tragique malentendu" entre De Gaulle et l'Algérie française doit être en premier lieu une leçon d'histoire et de pédagogie morale et
politique sur les pratiques du système de gouvernement né avec la Ve République. Ne serait-il pas à l'honneur des journalistes, des politologues, des historiens et des élus de favoriser cette réflexion de la Nation avec son Histoire ? Comme il est du devoir, vis-à-vis des générations futures, pour les acteurs et témoins de parler.

Les Français d'Algérie, à l'inverse des "porteuses de mort" célébrées par la chaîne publique française FR3, étaient des "porteurs d'espérance". D'une espérance de
fraternité française. C'est peut-être cela qui les condamnés.

Bernard COLL
Secrétaire général de JPN