NOTE POUR LES ADHÉRENTS
ADH 20082502
Chers amis

Nous sommes solidaires des rapatriés d’Algérie pour de multiples raisons,

1/ Nombre d’entre nous sont des transfuges de l’Algérie où, au 19 e siècle,  nos ascendants se sont initialement expatriés sur incitation de nos  gouvernements, et reposent désormais dans des cimetiètes profanés.
C’est à nouveau sur incitation du pouvoir que les descendants de ces pionniers sont allés en Tunisie exploiter des terres en friche, construire ports, barrages, écoles lycées, collèges, hôpitaux,  villes européennes, chemin de fer reliant Bône, Guelma à Tunis, etc…etc...

2/ Mais la France les a reniés, faisant courir la rumeur qu’ils avaient fait suer le burnous pour amasser des biens impurs, et que  la décolonisation de la Tunisie avait été exemplaire puisque ce pays avait indemnisé ses rapatriés !

3/ Ces contre vérités sont d’autant plus condamnables que, dans l’Armée d’Afrique composée à 50% d’autochtones et d’européens, ces expatriés ont défendu le Sol National, en 1914-18 et 1939-45.
Après s’être remarquablement comportée en 1939-40, ces troupes sont repliées Outre Mer pour y être réduites à la peau de chagrin prévue par la Convention d’Armistice. Mais elles sont maintenue à un niveau opérationnel de 275 000 combattants par le Général Weygand nommé le 06 septembre 1940 « Délégué Général du Gouvernement en Afrique Française et Commandant en Chef des Forces Armées » puis, en juillet 1941, « Gouverneur Général de l’Algérie.>> L’AFN a alors la possibilité de couper son cordon ombilical d’autant que le Commandant en Chef des Forces Armées est le Général JUIN, Pied Noir né à Bône. Mais notre Empire Colonial fait preuve d’un patriotisme sans limite.
Alerté en novembre 1941, HITLER exige le rappel immédiat de WEYGAND qui arrêté par la Gestapo, est interné.
Néanmoins, les Généraux Commandants Supérieurs en AFN continuent secrètement à renforcer leurs moyens, si bien que dès novembre 1942 la composante tunisienne de l’Armée d’Afrique est en mesure d’affronter dans le nord de la Tunisie les forces allemandes et italiennes refoulées de Lybie par la 8e Armée anglaise.
La campagne de Tunisie constitue le premier acte de la reconquête de l’Europe occidentale, le baptême du feu pour l’Armée américaine, et la France y connaît un début de résurrection  depuis l’humiliation de 1940.
L’histoire dira si Weygand a de son propre chef ignoré la convention d’armistice, ou s’il avait la mission secrète de sauvegarder l’AFN par une armée capable de la défendre et de reprendre le combat.
Libéré par les américains le 5 mai 1945, les Français le ramènent à Paris pour être incarcéré sous l’inculpation d’atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat.  Mais la Haute Cour de Justice désavoue le Pouvoir et prononce un non lieu pour celui qui avait permis à la France de reprendre le combat dès 1942.

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En 1944, à Alger, de Gaulle finit par s’imposer aux Alliés grâce à la Mobilisation Générale de 750 000 hommes et femmes pour donner naissance au Corps Expéditionnaire Français (CEF) brillamment engagé en Italie  sous les ordres du Général JUIN, à la Première Armée Française du Général DE LATTRE DE TASSIGNY débarquée sur les Cotes de Provence pour refouler l’occupant jusqu’en Autriche, et à 15 000 des 18 000 hommes de la 2e D.B. du Général LECLERC qui, partant de Normandie, libère Paris puis Strasbourg.
Résistant de la première heure  et l’un des fondateurs du RPF dans l’après guerre, le Colonel REMY rapporte qu’en 1947, de Gaulle évoquant l’automne 1942 lui avait déclaré : « Voyez-vous, Rémy, il faut que la France ait toujours deux cordes à son arc. En juin 1940, il lui fallait la corde Pétain aussi bien que la corde de Gaulle. Je ne comprendrai jamais pourquoi le Maréchal n’est pas parti pour Alger en 1942. Les Américains l’eussent embrassé, les Anglais auraient suivi, et nous, mon pauvre Remy, n’aurions pas pesé bien lourd dans la balance ! Le Maréchal serait rentré à Paris sur un cheval blanc. »  « La foudre fut tombée sur ma tête, qu’elle ne m’aurait pas laissé plus étonné » , écrit Rémy.
Sur ordre de la République, cette Armée se bat ensuite en Indochine, puis en AFN et notamment en Algérie.
. Rééditant l’abandon de nos ressortissants au Canada et en Louisiane, de Gaulle décolonise en 1962, abandonnant Harkis et français d’Outre Mer, dont ceux de l’Armée d’Afrique qui lui avaient permis de s’imposer aux Américains, et de participer à la Libération ainsi qu’à la signature de l’Armistice.
Pour comble d’ingratitude, il décrète ensuite  que : << L’Etat ne doit rien aux rapatriés. L’indemnisation servie au titre de la solidarité nationale a juridiquement le caractère d’une avance sur les créances détenues à l’encontre des Etats étrangers ! >> alors qu’en incitant nos ascendants à s’expatrier pour mettre ses colonies en valeur, et en les mobilisant pour défendre le Sol National, ce même Etat ne les a jamais informés de son irresponsabilité dans l’éventualité où il décoloniserait !

4/ C’est pourquoi, les rapatriés de Tunisie sont solidaires de tous les rapatriés et des anciens combattants autochtones, dont les harkis abandonnés à la vindicte de la Barbarie par celui là même pour qui est créé l’historial des Invalides.

5/ Depuis son élection, notre nouveau Président semble avoir oublié ses engagements à notre égard ; tout au moins il n’en parle plus. Nous pensions que sa visite d’Etat en Tunisie règlerait le contentieux immobilier vieux de 54 ans, mais cet espoir s’évanouit au fil des jours.
La date de ce déplacement est en effet sans cesse repoussée et, puisque les visites du Maroc et de l’Algérie n’ont rien réglé, on ne voit plus comment il en serait autrement avec la Tunisie. La colonisation a été qualifiée d’injustice sans tenir compte du contexte historique, de la Barbarie et de la piraterie existantes , et cette repentance a été répétée le 05/12/07 à l’Elysée devant les rapatriés et les anciens combattants de l’Armée d’Afrique.
Or, le premier engagement du candidat aux présidentielles était : « De ne jamais tomber dans la démagogie de la repentance »

5/ Bien que notre seule arme soit notre bulletin de vote, depuis l54 ans nous nous sommes laissés berner par les promesses fallacieuses de ceux qui ont été portés au pouvoir par notre appoint électoral.

On nous a divisés pour régner et jouer les prolongations puisque notre génération risque de se réduire à une peau de chagrin aux prochaines présidentielles.

Comme, enfin, De GAULLE avouait son aversion pour les pieds noirs, nous ne pouvons qu’être d’accord avec le communiqué suivant

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
 
Jeune Pied-Noir demande que l’Historial De Gaulle des Invalides soit transformé en Mémorial national des 150.000 Harkis, des milliers de Pieds-noirs et militaires assassinés par le « crime d’Etat » du 19 mars 1962.
 
LES TEMOIGNAGES ET LES ARCHIVES OFFICIELLES ACCUSENT LE GÉNÉRAL DE GAULLE DE CRIME CONTRE L'HUMANITÉ
 
En ce jour où le Président de la République va inaugurer l’Historial Charles De Gaulle, le rappel des ordres criminels donnés par le général De Gaulle lors des séances du Comité des Affaires algériennes, qu'il présida de 1959 à 1962, confirme les inquiétudes exprimées par Raymond Aron dans ses mémoires (1) : "les harkis, pour la plupart, furent livrés à la vengeance des vainqueurs sur l'ordre peut-être du général de Gaulle lui-même qui par, le verbe, transfigura la défaite et camoufla les horreurs...". Cette action criminelle fut dénoncée au Parlement dès mai 1962 par le Bachaga Saïd Boualam, Vice-Président de l'Assemblée Nationale, et par le Professeur Maurice Allais, Prix Nobel d'Economie, dans son ouvrage "L'Algérie d'Evian" (L'Esprit Nouveau - mai 1962 – réédition JPN - mars 1999). Le président algérien Abdelhaziz Bouteflika a reconnu ce massacre en déclarant sur Radio-Beur FM, en octobre 1999, parlant de la répression contre le GIA : « Nous ne faisons pas les mêmes erreurs qu’en 1962 où, pour un harki, on a éliminé des familles et parfois des villages entiers ». (La Croix du 17 juin 2000).
 
Dans ses ouvrages « Les archives inédites de la politique algérienne –1958-1962 » et « Les combattants musulmans de la guerre d'Algérie, des soldats sacrifiés » (L’Harmattan) (2) le général Maurice Faivre a  publié les ordres donnés par le général de Gaulle à ses ministres qui se traduisirent par le fameux télégramme de Louis Joxe et par les directives sur le terrain des généraux Ailleret et Katz. Ces ordres aboutirent aux massacres annoncés par le général de Gaulle lui-même dans son allocution radio-télévisée du 23 octobre 1958, et prévus par Alain Peyrefitte dans son ouvrage d'octobre 1961 "Faut-il partager l'Algérie ?" (Plon) (3). Plus de 150.000 harkis et 25.000 pieds-noirs furent victimes de ces directives (4). Devant cette accumulation de preuves officielles et de témoignages concordants, les Associations représentatives des Français d'outre-mer, réunies le 22 septembre 1995 au Sénat, ont adressé un message au Président de la République en lui demandant de reconnaître officiellement la responsabilité de la Ve République dans les massacres ayant suivi le 19 mars 1962. Ce message a été depuis co-signé par plus d’une centaine associations et par plus de 15.000 Français. Le 30 août 2001, les Harkis déposaient une première plainte pour crime contre l’humanité. Les 13 mars et 5 juillet 2003, 40 familles de disparus pieds-noirs déposaient  deux nouvelles plainte pour crime contre l’humanité.
Depuis de nombreuses personnalités, comme Michel Tubiana, G-M Benhamou, Jean Daniel et Jean Lacouture, demandent la reconnaissant de ce crime.
 
La responsabilité des faits est désormais reconnue par la majorité des acteurs, des historiens (5), par la quasi-totalité des responsables politiques actuels (6) et par la loi du 23 février 2005. Le candidat Nicolas Sarkozy s’était s’engagé le 31 mars 2007 devant les représentants de la communauté harkie : « Si je suis élu Président de la République, je veux reconnaître le massacre et l’abandon des harkis et de milliers d’autres « musulmans français » qui lui avait fait confiance, afin que l’oubli ne les assassine pas une nouvelle fois ».  En honorant aujourd’hui leur bourreau et en oubliant ses victimes, le Chef de l’Etat se rend à la fois complice d’un crime contre l’Humanité et d’un génocide mémoriel.
 
Bernard COLL - Secrétaire général de JPN (7)
 
(1) - "50 ans de réflexion politique" - p.388 – Juliard - (2) - Maurice Faivre est aussi l'auteur de l'ouvrage « Un village de harkis » (Edition L'Harmattan) - (3) A. Peyrefitte confirme les directives du Chef de l'Etat dans "C'était de Gaulle" - Fayard 1995. Les ordres du général étaient déjà connus grâce aux ouvrages de Raymond Tournoux (4) - Selon les chiffres de M. André Santini, ancien Secrétaire d'Etat aux Rapatriés (Le Figaro du 15  juin 2000) - (5) - Cf. les souvenirs de MM. Robert  Buron, Pierre Joxe, Pierre Messmer, Alain Peyrefitte, Jean-Pierre Chevènement, Hervé Bourges ... ainsi que les multiples études publiées sur le massacre des harkis depuis 20 ans. -(6) - Enquête menée par Jeune Pied-Noir lors des élections de 1993-94, 95 et 2007. Les résultats ont été publiés dans le magazine "Pieds-Noirs d'Hier et d'Aujourd'hui"  et sont disponibles auprès de l'association – (7) Jeune Pied-Noir est l'éditeur du "Livre des Harkis" (1991), ouvrage retraçant la vie, les combats et le drame des harkis à partir de leurs témoignages et de documents d'archives (300 photographies).
 
E-mail : jeunepiednoir@wanadoo.fr - Site Internet : http://pagesperso-orange.fr/jeunepiednoir/jpn.wst