Télécopie - courriel                                               Mission Interministérielle aux Rapatriés

Lettre recommandée avec AR
       96, Av. de Suffren
          75015 PARIS

OBJET :   Point sur les attentes des Français Rapatriés - Notre réunion du 18 juillet 2008 : notre demande de réponses officielles

Monsieur le Président,

Depuis votre nomination officielle le 30 novembre 2007, il y a déjà 8 mois, comme Président de la MIR, nous avons eu le plaisir de vous rencontrer, comme vos prédécesseurs depuis 1985, lors de plusieurs réunions de travail pour faire le point sur l'avancement des attentes de nos compatriotes, les 30 novembre, 27 décembre 2007, 23 avril et dernièrement le 18 juillet 2008.

Comme les autres Associations de rapatriés vous les ont fait connaître par leurs chartes ou motions, dont JPN est signataire, nous vous avons fait part au cours de ces réunions, et à l'occasion de nos envois de courriers, documents et messages par Internet, des légitimes attentes de nos compatriotes. Ils demandent maintenant au Président de la République, au Premier ministre, aux ministres concernés et à vous-même des réponses officielles écrites et les mesures de mise en ouvre devant les concrétisant.

Force est de constater que depuis l'élection de Nicolas Sarkozy le 6 mai 2008, c'est-à-dire depuis 14 mois, les annonces et décisions concernant les Français rapatriés du Chef de l'Etat, du gouvernement et de ses représentants sont à l'opposé des engagements du candidat Nicolas Sarkozy. Engagements pris lors de discours publics ou dans des lettres adressées aux Associations qui ont déterminé l'important report du vote « rapatrié » sur sa candidature. Aujourd'hui les Français rapatriés ne peuvent pas se contenter de la traditionnelle réponse des hommes politiques que les « promesses ne sont bonnes que pour ceux qui les écoutent » ou de « l'ignorance » du candidat de la réalité des problèmes. Le candidat Nicolas Sarkozy, par les multiples postes qu'il a occupés et par ses fonctions de ministre, a eu accès au dossier « rapatriés » bien avant son élection. D'autant plus que vous étiez parmi ses conseillers et l'organisateur des réunions des 31 mars 2007 et 13 avril 2007 au cours desquelles il a pris devant les représentants Harkis et Pieds-noirs les engagements que vous connaissez, ayant été vous-même l'un des artisans de ses déclarations. A votre invitation, plusieurs ministres et députés étaient aussi présents : André Santini, Christian Estrozi, Christian Kert, Michel Diefenbacher, Philippe Vitel, etc. Le candidat Sarkozy, il l'a dit lui-même, était entouré des meilleurs spécialistes gouvernementaux des problèmes rapatriés. Si, a contrario de MM. Erard Corbin de Mangoux, conseiller du Président de la République pour le dossier « rapatriés » et son homologue Eric Etienne à Matignon, qui étaient, selon leurs propos, totalement ignorants du dossier « rapatriés », vos fonctions depuis 1995 auprès de M. Roger Romani, Délégué aux Rapatriés, puis dans les différentes instances en charge des rapatriés vous donne une expertise exceptionnelle sur l'ensemble des problèmes non résolus depuis 46 ans par l'Etat français.

Par courtoisie, et aussi parce que nous pensons que vous êtes un homme honnête, nous vous renouvelons, conformément à l'article XV de la Déclaration des Droits de l'Homme, une dernière fois notre demande d'intervention auprès du Président de la République, du Premier ministre et des ministres concernés pour que la communauté des Français Rapatriés obtienne des réponses officielles aux questions que nous vous avons posées lors de nos réunions et que nous avions résumées dans notre lettre du 14 avril 2008. Trois mois s'étant écoulés depuis  notre réunion du mois d'avril, nous n'avons obtenu que des éléments de réponse imprécis lors de notre dernier entretien. Nous avons actualisé nos questions en fonction des nouvelles déclarations et décisions publiques du Président de la République, de son gouvernement et de ses collaborateurs.

Comme nous vous l'avons précisé, en l'absence de réponses officielles pour la préparation de la prochaine journée nationale d'Hommage aux Harkis du 25 septembre 2008, la communauté des Français rapatriés sera, par la force des choses, amenée à engager les actions légales qui lui permettront, 46 ans après son exode, d'obtenir « Vérité et Justice » de l'Etat français, seul responsable de sa situation passée et actuelle. Les Parlementaires ont reconnu, au nom de la Nation, lors du vote de la loi du 23 février 2005 la réalité des crimes dont ils ont été victimes, en violation des accords d'Evian du 19 mars 1962. La première action collective engagée par les Français rapatriés dans le cadre de la campagne nationale « 13 mai 2008 - 5 juillet 2012 » - lancée avec succès à Marseille le 13 mai dernier - a été la motion remise ce jour-là au Préfet des Bouches-du-Rhône par le Collectif « Alger - 13 mai 1958 » et destinée au Président de la République. Elle reprend l'ensemble des légitimes attentes de nos compatriotes spoliés. Cette motion est aujourd'hui restée sans réponse.

Lors de notre rencontre du 28 avril 2008, nous avons eu le plaisir de vous offrir « L'Algérie d'Evian » du professeur Maurice Allais, Prix Nobel d'Economie, et de vous prêter « Faut-il partager l'Algérie ?» d'Alain Peyrefitte - que vous souhaitiez consulter pour vous faire une opinion personnelle sur la responsabilité du général De Gaulle dans le « crime d'Etat » dont ont été victimes les Français d'Algérie après le 19 mars 1962. Depuis 1990, date de la première accusation parue dans la presse, le fait d'affirmer publiquement dans les médias la réalité de ce crime sans jamais être démenti, ni contredit par l'Etat, par les historiens, les journalistes, les philosophes ou les intellectuels - si prompts à s'émouvoir sur les crimes dont sont victimes les autres populations du monde - ne prouve-t-il pas la véracité de cette grave accusation reprise récemment par des personnalités comme Michel Tubiana ou Georges-Marc Benamou, sans qu'ils ne soient eux-mêmes inquiétés ? Le 25 septembre 2008 lors de la cérémonie nationale d'Hommage aux Harkis à l'Hôtel des Invalides, la France, patrie des Droits de l'homme, sera-t-elle le premier pays au monde à honorer dans un même lieu les victimes et à glorifier, dans un « Historial », leur bourreau ? Les victimes et leurs familles seront-elles invitées à visiter ce haut lieu d'un « mensonge français » ?

Le 19 septembre 2008 de nombreux responsables rapatriés se retrouveront à Grenoble pour l'inauguration officielle de l'Exposition « 13 mai 1958 -  13 mai 2008 »   organisée par la Maison du Rapatrié de Grenoble sous l'impulsion de son dynamique Président, Louis METERT, ancien membre du HCR. Les Français Rapatriés espèrent qu'à cette occasion vous pourrez leur commenter des réponses officielles que vous aurez obtenues du Président de la République, du Premier ministre et des membres du gouvernement concernés.

Nous espérons que le Président de la République et le Premier ministre sauront saisir la main tendue des Français Rapatriés et que ceux-ci ne seront pas contraints à la rupture  qu'entraînerait le non-respect des engagements qu'ils ont pris à leur égard.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, l'assurance de nos dévouées salutations et à notre meilleur souvenir.
 

Mme Taouès TITRAOUI                                                    Bernard COLL

Membre du Haut Conseil des Rapatriés                          Secrétaire général

Responsable RP de JPN                                          de Jeune Pied-Noir
 

Copie    M. Erard Corbin de Mangoux, Conseiller « Français Rapatriés » auprès du Président de la République, M. Eric Etienne, Conseiller « Français Rapatriés » auprès du Premier ministre, M. Yves Kodderitzsch, Président du Haut Conseil des Rapatriés, M. Boussad Azni, Conseiller du Secrétaire d'Etat à la défense pour les « Harkis ».
MM. Les parlementaires ayant voté la loi du 23 février 2005, MM. Les Présidents d'Associations de Français Rapatriés, les Français rapatriés  et les Médias

************

QUESTIONS PRESENTEES PAR JEUNE PIED-NOIR A M. RENAUD  BACHY

Président de la Mission Interministérielle aux Rapatriés.
Lors des réunions des 30 novembre et 27 décembre 2007, et des 23 avril et 18 juillet 2008

PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

1)    Quand le Président de la République tiendra-t-il l'engagement pris le 31 mars 2007, devant l'ensemble des représentants de la communauté harkie, en votre présence, de « reconnaître la responsabilité de l'Etat français dans l'abandon et le massacre des Harkis après le 19 mars 1962 » ?

2)     Le Président de la République annoncera-t-il qu'il renonce au curieux concept imaginé par son conseiller Henri Guaino, de «la  colonisation un système injuste » ?

3)   Le 14 avril 2008, nous vous demandions, si le Président de la République et le Premier ministre comptaient entériner les déclarations du 22 mars 2008 de M. Alain Marleix, alors Secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants et envoyé « spécial » de Nicolas Sarkozy, au quotidien algérien « Liberté », notamment l'accusation contre la France d'avoir commis « des fautes et des crimes » en Algérie ?

4)   Dans son discours du 14 juillet 2008, l'Ambassadeur d'Algérie, M. Bajolet, lui aussi en instance de départ pour une « autre mission »,  a prononcé de graves accusations contre la France et communiqué, sans les justifier, des informations importantes concernant les Français rapatriés. Nous souhaiterions que le Président de la République confirme que M.Bajolet a bien parlé en son nom et que soient apportées des justifications aux affirmations de l'Ambassadeur de France.

5)     Quand l'Etat français envisage-t-il de remettre la Légion d'Honneur à la ville d'Alger « capitale de la France combattante 1943-44 », selon l'annonce « spontanée » faite en 2004 en présence de M. Bouteflika par le Président Chirac lors de la commémoration du 60e anniversaire du Débarquement de Provence, et rappelée le 22 mars 2008 par M. Marleix dans son entretien à la presse algérienne ?

6)     Qu'envisagent le Chef de l'Etat et le gouvernement pour rendre hommage aux Français d'Algérie dont la « révolution pacifique » du 13 mai 1958 est à l'origine de la création de la Ve République dont la Nation commémorera le 50e anniversaire le 28 septembre prochain ?

PREMIER MINISTRE
7)     Quelle est la position du Premier ministre sur l'avis du 19 décembre 2007 du Conseil Economique et Social, avis qu'il avait personnellement demandé, et qui est rejeté en bloc par les Associations nationales de Rapatriés ?

8)     Lors de son intervention à l'occasion de la Journée nationale d'Hommage aux Harkis du 25 septembre 2007, le Premier ministre a annoncé la création pour 2008 de la Fondation de la Mémoire de la Guerre d'Algérie et des Combats du Maroc et de Tunisie. Qu'en est-il ? Car, depuis cette annonce, ni le HCR, ni les Associations de Rapatriés n'ont été sollicités, contrairement aux engagements du candidat Nicolas Sarkozy.

9)     Le 14 avril 2007, nous vous demandions si le gouvernement était prêt à annuler l'accord de cession par l'INA à l'EPTV du patrimoine filmé de l'Algérie française, sans aucune consultation des ayant droits et sans que les Français d'Algérie bénéficient des mêmes avantages ?

10)  Devant, semble-t-il, les difficultés à trouver les documents nécessaires à la future vision franco-algérienne de l'Histoire dans les films de l'INA, le 14 juillet, l'Ambassadeur de France à Alger, Bernard Bajolet, a déclaré que la France allait offrir à l'Algérie les archives de l'Armée française. Les Français d'Algérie doivent-ils considérer cette nouvelle étape dans le « génocide mémoriel » de l'Histoire de l'Algérie française, comme la réponse à notre question du 14 avril 2008 ?

SECRETARIAT D'ETAT AUX ANCIENS COMBATTANTS
11)  Lors d'une brève réunion de travail, le 6 juin 2008, nous avons présenté au Lt Cl Armand d'APRUZZESE, Chef de Cabinet de Jean-Marie BOCKEL, Sécrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, une série de propositions pour valoriser la prochaine Journée Nationale « d'Hommage aux Harkis » du 25 septembre. Nous vous serions reconnaissants de nous faire connaître les réponses de M. Bockel, M. d'Apruzzese, qui s'était engagé à présenter en juin à son ministre l'ensemble de nos propositions, étant parti en congé ?

MISSION INTERMINISTERIELLE AUX RAPATRIES
12)  Le 14 juillet dernier, M. Bajolet, en veine de confidences, annonçait que « d'autres avancées dans ces domaines sensibles font actuellement l'objet de discussions. » Les Français d'Algérie, inquiets, peuvent-ils savoir quelles sont ces « avancées » ou doivent-ils attendre d'être mis devant le fait accompli par d'irréversibles décisions prises en « catimini » par l'Etat français ?

13)   Dans le cadre des grandes festivités de « l'Euroméditerranée », devenue entre temps « Union de la Méditerranée », lancées avec fastes le 13 juillet 2008 à Paris, nous vous demandions le 14 avril dernier si le Président de la République pouvait s'engager officiellement à ce que l'armée algérienne ne soit pas invitée à défiler sur les Champs Elysées le 14 juillet 2008. Non seulement ce ne fut pas le cas, mais le Président algérien n'a pas honoré de sa présence son hôte français. Pouvez-vous nous dire où se trouvait M. Bouteflika ce jour-là, certaines rumeurs le disant en soins au Val de Grâce ?

14) A la suite à votre rencontre avec la direction de FR3, une délégation de représentants du HCR a été reçue le 29 avril 2008 par cette direction au sujet du film documentaire « Les porteuses de feu » diffusé par cette chaîne publique française les 26 et 31 janvier 2008. Mme Giard, Directrice générale de la chaîne a, selon vos termes « admis que cette émission était une erreur » et a demandé au HCR de présenter les « excuses de la chaîne pour les blessures ravivées bien involontairement », mais a refusé une émission pour les victimes des attentats terroristes du FLN dont FR3 a fait l'apologie. En l'absence de résultat tangible pour les victimes et leurs familles, quelle suite comptez-vous donner à votre intervention et à celle du HCR ?

15)  Lors de notre réunion du 18 juillet, nous vous avons présenté le dossier du « programme » de Mme Fatima Besnaci Lancou qu'il est loisible à chacun de découvrir sur Internet sur le site de sa récente association  « Harkis et Droits de l'Homme ». En quelques années, alors qu'elle était totalement inconnue avant 2003, à elle seule, Mme Besnaci Lancou a l'ambition de vouloir représenter les Harkis et leurs enfants et d'expliquer la seule cause de leur drame : « le colonialisme » français. Que comptez-vous faire pour rétablir l'équilibre dans cette présentation partisane et historiquement fausse de ce « bébé » harki apparu « spontanément » en 2003 dans la « mémoire » harkie grâce à l'appui de ses sponsors de « gauche », c'est-à-dire 41 ans après son exode ?

MEMORIAL DE MARSEILLE
16)  Depuis 1984 l'Etat français promet aux Français rapatriés la création d'un « Mémorial de la France d'Outre-mer » dont la création, malgré les multiples projets, est remise d'un gouvernement à l'autre. Lors de nos dernières rencontres, vous nous avez affirmé le plus sérieusement du monde que ce Mémorial verrait le jour en 2009. Le terrain qui a été alloué par la ville de Marseille étant en friche depuis 3 ans et aucune association, ni le HCR n'ayant été impliqué, quels éléments concrets pouvez-vous présenter pour justifier votre affirmation ?

HAUT CONSEIL DES RAPATRIES
17)  Jeune Pied-Noir est représenté dans cette instance depuis sa création en 2003 dont la principale mission, comme interface entre l'Etat et les Français rapatriés, est d'être une « force de propositions » pour régler les problèmes en attente depuis 46 ans. Plus de cinq mois après sa création, le troisième HCR présente les mêmes dysfonctionnements amplifiés que le HCR précédent. Que comptez-vous faire pour que cette Instance joue pleinement son rôle dès la rentrée ?

Bernard COLL - Secrétaire général de Jeune Pied-Noir, Bièvres, le 8 août 2008

******************
Si les réponses à ces questions vous paraissent importantes, si vous souhaitez poser d'autres questions à M. Renaud BACHY, et aux Conseillers "rapatriés" auprès du Président de la République, du Premier ministre et du Secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants, adressez-leur un courriel en nous mettant en copie ainsi que les autres Associations auxquelles vous adhérez.
Voir nos adresses utiles à la rubrique Gouvernement de notre site Internet

**********************
NON AU "GENOCIDE MEMORIEL" DES FRANCAIS D'AFN et D'OUTRE-MER "Les peuples ne perdent la vie que lorsqu'ils perdent la mémoire" - Maréchal FOCH.

***************************
TOUTES LES ADRESSES UTILES SUR LE SITE JPN

PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE
M. Erard CORBIN de MANGOUX
Conseiller intérieur - chargé des Français rapatriés
55, rue du Faubourg Saint-Honoré - 75008 PARIS - Tel : 01 42 92 86 76 - Fax : 01 42 92 81 45
Courriel : erard.corbindemangoux@elysee.fr

PREMIER MINISTRE
Eric ETIENNE
Conseiller Technique auprès du premier ministre chargé de la politique de la ville, intégration et lutte contre l'exclusion
57 , rue de Varennes - 75007 Paris - Tel : 01 42 75 53 97 - Fax : 01 42 75 75 93
eric.etienne@pm.gouv.fr

MIR
M. Renaud BACHY
Président de la Mission Interministérielle aux Rapatriés - 96, Av. de Suffren - 75007 Paris
Tel : 01 53 69 55 43 - Fax : 01 53 69 55 47
renaud.bachy@sante.gouv.fr

SECRETARIAT D'ETAT AUX ANCIENS COMBATTANTS
M. Armand APRUZZESE
Chef de Cabinet de Jean-Marie BOECKEL
37, rue de Bellechasse - 75007 Paris
Tel : 01 44 42 10 09 - Fax : 01 44 42 10 62
Gms : 06 07 32 25 70

Tenez-nous informés des réponses reçues.

EN 2008,   FRANCAIS D'AFN et AMIS : ENSEMBLE TOUT EST POSSIBLE !




Français d'Afrique du Nord et d'Outre-mer et Amis reproduisez et diffusez largement nos informations à vos proches et amis. Imprimez-les pour ceux qui ne disposent pas d'Internet.