RÉHABILITATION ET SAUVEGARDE DE TOUS LES CIMETIERES CHRETIENS ET JUIFS D'ALGERIE

« C'est la cendre des morts qui créa la Patrie»

Alphonse de Lamartine (La chute des anges)


Décret n° 68-728 du 7 août 1968 (échange de lettres des 27 avril et 20 juin 1968 entre la France et l'Algérie) ; Plan d'action et de coopération pour les sépultures civiles françaises en Algérie du 3 mars 2003 ; site internet www.ambafrance-dz.org (consulats de France, 25 chemin Gaddouche
Hydra 1600 Alger et rue Gota Sebti 23000 Annaba); Ministère des Affaires étrangères, Direction des Français à l'étranger, sous-direction de l'Administration consulaire, 244 Bd Saint-Germain 75303 Paris 07SP. Arrêté M.A.E. J.O. du 14 janvier 2005.

Une civilisation se définit autant par le respect de la vie humaine que par celui du repos éternel des morts: les traces terrestres les plus anciennes des civilisations même disparues reflètent cette éthique universelle. Les « rapatriés » d'Algérie ont tout perdu: pour sauver leurs vies et leurs libertés, ils ont dû quitter leur province natale, avec la douleur supplémentaire de devoir abandonner à jamais les tombes de leurs aïeux. Au moins pouvaient-ils espérer que ces dernières, qui ne pouvaient en rien constituer des symboles idéologiques, ou être des enjeux politiques ou économiques, seraient respectées. Hélas, trop nombreux sont les morts qui n'auront pas connu le dernier repos.

Un grand nombre de cimetières chrétiens et juifs ont été livrés à l'anarchie et à l'absence d'entretien ou de protection. Si certains ont été épargnés et respectés, combien ont été saccagés, pillés, profanés par dérision, par vengeance, intolérance religieuse ou esprit de lucre. Ils sont trop souvent devenus dépôts d'immondices, lopins de culture, pacage d'animaux, terrains de jeux...
La France, dont le devoir était d'exiger le respect de ces lieux sacrés par l'Etat algérien, a voulu ignorer l'inacceptable pendant 40 ans. Ce n'est qu'en 2003 qu'a été lancé un plan d'action et de coopération pour les sépultures françaises. Des mesures de remise en état et réhabilitation ont reçu un commencement d'exécution ou ont été programmées sur un grand nombre de sites.
Mais la décision a été prise de regrouper les tombes ou les restes mortels épars d'une soixantaine de petits cimetières dans de plus grands préservés. Cette annonce a bouleversé les familles potentiellement concernées et au-delà toute la Communauté des Rapatriés. .

En réalité, la seule solution digne pour tous les cimetières chrétiens et juifs d'Algérie est de les conserver intégralement dans leurs périmètres et d'en garantir la pérennité, à charge, pour la République française d'en assumer perpétuellement les frais de restauration, d'entretien et de gardiennage avec le concours du "Souvenir français" par exemple. Si un tel statut était impossible à obtenir, alors au moins:

            - qu'un délai minimum d'un an avant tout déclassement de cimetière soit respecté;
            - que les familles potentiellement concernées soient recherchées et informées avant tout transfert et en temps utile;
            - et, si elles le souhaitent, que la translation et l'enterrement des corps en Métropole soient pris en charge par l'Etat;
            - que, à l'emplacement du cimetière supprimé, soit érigé un mausolée destiné à en pérenniser le témoignage de la présence française;