MONUMENT NATIONAL NOMINATIF AUX MORTS POUR LA FRANCE, DE TOUS LES
TEMPS, ORIGINAIRES DE TOUT L'OUTRE-MER

«Ainsi, quand de tels morts sont couchés dans la tombe,...
La gloire, aube toujours nouvelle, fait luire leur mémoire et redore leurs noms»

Victor Hugo (Les chants du crépuscule)

            En Métropole, la tradition républicaine, généralisée après la Grande Guerre (1914-1918), de conserver la mémoire sacrée des Morts pour la France dans les communes où ils étaient nés ou établis, et où vivaient encore leurs familles et leurs proches, sous la forme d'un monument portant tous leurs noms, en cohortes successives après chaque conflit armé, permet de leur rendre l'hommage annuel nécessaire à la reconnaissance perpétuelle de leur sacrifice, voire à la transmission de leur exemple aux générations suivantes.

            Cette tradition s'était naturellement étendue outre-mer à tous les territoires où flottait le drapeau tricolore: des départements d'Algérie à l'A.O.F. et à l'A.E.F., en Asie, en Amérique, dans le Pacifique ou dans les protectorats.

            Aujourd'hui, la plus grande France a disparu: sa succession a parfois revêtu une forme pacifique mais elle s'est trop souvent déroulée dans des conditions affreuses où la préservation de la vie humaine et le respect dû aux morts ont été bafoués. En particulier nombre de monuments aux Morts pour la France qui portaient trop de noms mêlés musulmans, chrétiens, juifs ont alors été profanés, voire détruits.

            Or la France d'aujourd'hui a un devoir perpétuel de reconnaissance des sacrifices consentis par tout l'outre-mer pour la défense ou la libération de la Mère-Patrie, que ce soit dans les Dardanelles ou à Verdun en 1915-1916, sur l'Aisne et sur l'Ailette en 1940, au Garigliano et à Cassino, de Toulon à Colmar et Strasbourg en 1944...

            En reconstitution symbolique de tous ces monuments abandonnés ou profanés, un monument national nominatif, dédié aux Morts pour la France de tous les temps originaires des anciens départements d'Algérie ou territoires d'outre-mer, devrait être érigé à Paris, capitale de la Nation. Le centre de ce monument reproduirait à l'identique la statue équestre triple, surmontée de la dépouille d'un héros du monument aux Morts pour la France d'Alger, chef d'œuvre de Landowski.

            Le monument serait érigé par souscription nationale.