"GUERRE D'ALGÉRIE" ET REPARATIONS DUES AUX VICTIMES CIVILES

            Le Parlement a reconnu en 1999, à l'unanimité, la guerre d'Algérie en tant que telle. Pour ce qui nous concerne, rappelons que, si la durée des combats, la violence et l'horreur qui les ont accompagnés, l'engagement de l'Armée et du contingent semblent justifier cette reconnaissance, ces actions se sont déroulées sur un territoire sous souveraineté française et n'ont opposé ni deux peuples, ni deux États. Le terrorisme, avec son cortège d'atrocités, a seul ratlié de force, au terme de huit années de calvaire, une fraction déchirée et apeurée et a enfin massacré ou chassé une autre fraction de cette même population, en son temps utilisée puis rejetée par la France.
            Nous savons, nous, que cette guerre a été une guerre civile, la plus abjecte qui soit, avec une succession d'horreurs et d'atrocités indicibles. Une guerre perdue sans défaite, sans débâcle, où le vainqueur, la France, s'est retiré et a rendu les armes au vaincu, où ce même vainqueur a retourné ses propres armes contre les siens pour les forcer à s'incliner, sans pour autant les protéger, ni même les aider à fuir.. .
            Mais, soit, guerre il y a eu, puisque la représentation nationale en a décidé ainsi, il convient d'en tirer alors les conséquences logiques: en temps de guerre les adversaires de l'intérieur sont des traîtres et nous demandons en conséquence que soit interdité la présence d'anciens terroristes et de leurs complices déserteurs ou « porteurs de valises » qui font l'apologie de la rébellion et de ses crimes à tous colloques et manifestations publiques.

            Par son cessez-le-feu unilatéral du 19 mars 1962, le gouvernement français a bafoué la loi et la morale républicaine et trahi son devoir impératif d'assurer la protection des citoyens français, en particulier celle des musulmans engagés sous son drapeau. Mais d'aucuns s'obstinent pourtant aujourd'hui à vouloir commémorer cette date funeste, fouaillant des plaies toujours à vif.

            Non, les armes ne se sont pas tues le 19 mars 1962 ! En tout cas pas toutes! Certaines, en effet, du côté français, ont regagné les râteliers: celles des Harkis trompés, désarmés et trahis par la France, abandonnés notamment, mais d'autres armes ont simplement changé de cible: délaissant désormais le fellagha, elles se sont braquées, pour quatre mois d'horreur et de folie, contre la communauté européenne d'Algérie, notamment lors du tragique 26 mars 1962 à Alger;
           Non, les armes ne se sont pas tues le 19 mars 1962 ! En tout cas pas celles du F .L.N. qui se déchaînaient contre les Harkis et leurs familles, contre les derniers colons, isolés, et bientôt, lors du fatidique 5 juillet, contre la foule oranaise !
            Non, les armes ne se sont pas tues le 19 mars 1962 ! Pas celles de l'O.A.S., désormais acculée, livrant son ultime combat, désespéré. Surtout pas celles, non plus, des « barbouzes » du gouvernement de Paris mercenaires condamnés, bientôt éliminés (pas de témoins compromettants, pas de traces. ..) !

            Nous demandons une loi d'ordre public interdisant toute appellation de place, de rue, toute participation des Autorités à des cérémonies privées organisées le jour anniversaire du sinistre 19 mars 1962.

            Les victimes civiles devraient être reconnues dans leur qualité de Victimes de guerre avec les droits afférents: l'application de la législation sur les dommages de guerre devra être mise en œuvre avec les adaptations nécessaires.

            Nous demandons que la France reconnaisse aujourd'hui la réalité de l'ensemble des atteintes à la vie et à l'intégrité physique de ses ressortissants de toutes origines en Algérie après le 19 Mars 1962, qu'elle reconnaisse sa responsabilité entière directe ou indirecte dans leur commission, que toutes les réparations morales et matérielles nécessaires suivent enfin, que toutes les commémorations mémorielles aiedt lieu sans entrave ni restriction et que l'Etat favorise toute recherche historique, toute conservation ou consultation d'archives utiles à l'établissement des faits.