ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE DE L'EXPANSION OUTRE MER

                L'abrogation de l'alinéa 2 de l'article 4 de la Loi du 23 février 2005 laisse sans solution objective le redressement des conditions partisanes dans lesquelles l'histoire de l'expansion outre mer est actuellement transmise aux jeunes générations.

                Alors que s'intensifie la campagne de dénigrement systématique contre l'œuvre accomplie outre-mer par la France, le rôle de l'enseignement est d'apporter en la matière équilibre et objectivité. Or l'étude des manuels scolaires a fait apparaître des lacunes graves et des contre-vérités flagrantes.
                La fin des empires européens et les guerres parfois correspondantes figurent dans les programmes d'enseignement dans les collèges, en classe de troisième, depuis plus de trente ans, et dans les lycées, en terminale depuis plus de vingt. S'agissant d'événements récents, l'évolution actuelle des conceptions et les courants de pensée majoritaires créent une grille de lecture qui déforme souvent toute analyse sérieuse.
                L'amalgame sommaire entre les différents types de colonisation, l'enseignement sélectif de la traite et de l'esclavage font le reste.
                Dans la plupart des manuels scolaires, les accusations d'exploitation brutale et inhumaine travestissent la réalité quotidienne de ce qu'a été la colonisation, avec ses difficultés, ses insuffisances et ses faiblesses certes, en omettant d'évoquer les bienfaits de toute nature apportés par la Pax Franca.
                Enfin, les paragraphes unilatéraux consacrés aux tortures dégradantes oublient bien sûr celles, hélas bien réelles, pratiquées par le F.L.N. tout au long de la« guerre » d'Algérie et par les« polices parallèles» en 1961/1962) (notamment chez Belin, Bertrand-Lacoste et Nathan). La victoire militaire en Algérie contre la rébellion est bien entendu occultée, mais les manifestations du 17 octobre 1961 à Paris et de la station de métro Charonne en février 1962 retiennent toute l'attention. Mais nulle part il n'est fait allusion à la directive secrète du Ministre Louis Joxe interdisant d'embarquer les Harkis vers la métropole avec pour terrible conséquence les massacres de masse qui ont suivi et les ont décimés. Rien non plus pour préciser que les accords d'Evian n'ont pas été respectés, rien enfin sur les victimes du 26 mars 1962 à Alger, les massacres du 5 juillet 1962 à Oran, les enlèvements, les disparitions, tout au long notamment de cette terrible année.

                Nous demandons que l'Etat encourage activement une recherche historique objective sur l'expansion outre mer dans les siècles passés, notamment au XIXème et au début du XXème siècles.
                Nous demandons que les évènements plus récents fassent l'objet d'une relation honnête, non sélective, et n'occultant pas un triste constat :
                le plus souvent, là où -à la suite de la "décolonisation-" la souveraineté, le protectorat ou la tutelle de la France ont disparu, les droits de l'homme ont reculé.